Se former en utilisant son Compte Personnel de Formation (CPF) va coûter de plus en plus cher. Selon des informations révélées par Les Échos le 23 septembre 2026, le projet de budget 2027 de l’État prévoit de faire passer le reste à charge obligatoire de 150 à 350 euros par formation financée sur le CPF. Une mesure qui, si elle est votée, marquerait la deuxième forte hausse de la participation demandée aux salariés en moins d’un an.
Le principe du reste à charge n’est pas nouveau : depuis 2023, tout salarié qui mobilise son CPF doit payer une partie du coût de sa formation, le reste étant pris en charge par la Caisse des dépôts. Mais cette participation ne cesse de grimper. Elle est passée de 103,20 euros à 150 euros au 1er avril 2026. Avec le projet de budget 2027, elle pourrait plus que doubler pour atteindre 350 euros, quel que soit le prix de la formation suivie.
Cette hausse n’a rien d’un ajustement technique : elle est présentée comme un outil d’économie budgétaire. Le ministère du Travail espère en tirer entre 300 et 350 millions d’euros d’économies par an, dans un contexte de réduction généralisée des dépenses publiques liées à la formation professionnelle. D’après l’AEF, le nombre de chômeurs entrés en formation avait déjà reculé de 4,6 % en 2025, une tendance que la nouvelle mesure pourrait accentuer si elle décourage une partie des actifs de se former.
Le texte prévoit plusieurs garde-fous pour ne pas fermer la porte à tous les publics :
Rien n’est encore voté : la mesure doit encore passer l’examen parlementaire dans le cadre du projet de loi de finances 2027, avant une entrée en vigueur envisagée au plus tôt début 2027. Les partenaires sociaux et les organismes de formation devraient faire entendre leurs objections dans les prochaines semaines, notamment sur le risque d’éloigner davantage les salariés les moins qualifiés de la formation continue — un public qui recourt déjà le moins au bilan de compétences et aux dispositifs existants. Le sujet s’ajoute à une actualité sociale déjà chargée, entre un taux de chômage au plus haut depuis 2020 et de nouvelles obligations imposées aux employeurs comme le droit à la déconnexion.
C’est une proposition inscrite dans le projet de budget 2027, révélée par Les Échos, mais elle n’a pas encore été votée par le Parlement.
Les demandeurs d'emploi, les formations vers des métiers en tension ou liées à l’intelligence artificielle, ainsi que les formations jugées prioritaires par l’État, devraient conserver une exonération partielle ou totale.
Au plus tôt début 2027, si elle est adoptée dans le cadre du projet de loi de finances.
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